f.denis

Archive for mai 2010|Monthly archive page

Pornichet 2012

In Humour, mini 6,50 on mai 16, 2010 at 16:44

Et on recommence. Après une Transat derrière l’écran, des dizaines de bateaux en papier construits, un livre. Comment peut s’appeler cette nouvelle année.

Année auto sponsorisée ! Un budget minimum, une envie maximum.

La Pornichet Select 2012 est là. La météo annonce du vent sur ce parcours séléctif, entre et autour des îles bretonnes. C’est aussi une des premières pour être séléctionné à la SAS (Les Sables-Les Açores-Les Sables), le must de la course en solitaire. Le principal boulot en ce moment est de travailler le mental. Mon but est de la finir sans me mettre dans le rouge, c’est à dire « no stress » et dormir un minimum de 2h/24h, sur trois jours.

Parcours de 300 milles en solitaire

Compte rendu de la Select 2012:

Toute mon attention se tenait dans la météo. Dépressions, n°1, n°2, vent frais et température d’avril. Le « hic » dans cette configuration est d’avoir une forme physique au top, un matériel sans défaut.

Mise bouche et départ :

Samedi 21 avril, le ciel s’est éclairci, l’eau de la baie est bleue verte, les moutons sont de sortie, vent annoncé pour les prochaines 24h: 25nds (fichier grib), avec rafales à 30. Parcours raccourci : Pornichet-Birvideaux-Yeu- La Recherche(baie de Quiberon- Pornichet (150 milles). Bon le comité  nous prévient aimablement qu’il faudrait être de retour avant lundi ou une dépression sera là avec 40 à 50nds établis.

L’atmosphère sur les pontons est super cool, la tension n’est visible qu’à  ce sourire qui cache l’anxiété de certains, ah, la bonne blague ! Tout le monde sait qu’un fichier à 25nds, c’est 35nds dans les rafales. De la balle au portant, le problème est que le parcours commence par du près et en prime le courant contre.

Soit! 2 ris dans la GV, un ris dans le solent. Le départ est donné à l’heure dite, le bateau et moi, pas tout à fait, juste 2 mn de retard, une paille. Bien dégagé des guérandaises, je mets mon bas étai afin de remettre le mât droit, chtong! Pas très efficace, une manille mal placée et me voilà à bricoler à l’avant avec un bout de dyneema dans les dents le harnais bien accroché. Ça, c’est fait. Je suis en mode course, et me voila derrière le 821. Quelle bataille, ma respiration est celle d’un coureur de sprint. Mon objcctif, tenir jusqu’aux Birvideaux. Pour cela, boire, et tenir la barre et…le cap. Fort heureusement le temps se maintient au beau, les creux se creusent et le vent ne s’essouffle pas, je regarde ma trace sur le GPS, un « Z » aplati, c’est joli, pas de bonne augure pour monter rapidement. Une dizaine de bateaux sont sur le retour au port au bout d’une heure, cette longue litanie des abandons va se poursuivre. Tenir. A la nuit tombante je rentre dans la baie de Quiberon, je croise la « Recherche » et continue vers la Teignouse. Je vais à l’intérieur pour faire la route que je n’avais pas choisi et espère que le courant sera en retard ou moi en avance. Depuis le début je navigue à côté du 529 et du 291, je compte sur ce dernier pour me montrer le chemin dans ces parages. Peine perdu pour le 291 que je perds et pour cause, il prend la tenjante vers La Trinité, le faux frère. Sûr de moi j’embouque la Teignouse, je croise un mini dans l’autre sens et une balise à 20 mètres. Quelle heure est il ? Celle des étoiles filantes, de la renverse et d’une longue, longue route jusqu’au Birvideaux. 4 heures de vent mollissant, et d’un courant contraire, le bonheur. Tous les ris, partis, mes trois de GV et mes deux de solent, plus rien, fini. J’enroule Le phare des Birvideaux, une légende. Mes mouvements sont lents, engourdis, balourds, le cockpit se souvient  du carnage des dernières heures. Je n’ai mangé que des Twix et deux cuillerés de salade de riz.

Retour, mais vers où :

Maintenant, repos, je vais à l’intérieur, ne trouvant le sommeil, je me pose la question,  que faire, continuer jusqu’à Yeu et remonter au près, maso, je ne suis pas un super heros, juste un humain qui compte ses abats, heureux d’avoir survécu, et au cerveau devenu limité. Le retour entre Belle Ile et Pornichet va vite, d’abord sous spi et après quelques mauvaises manœuvres, sous GV -Solent. Le vent remonte sous les grains (35nds) le bateau glisse avec des pointes à 14nds sous pilote, pour tester. Rentrée dans le port sous foc, ben oui je ne l’avais pas dit, ma VHF n’émettais pas depuis le départ et mes VHF portables n’ont pu me faire entendre qu’en arrivant à l’entrée du port. Pas de souci, bateau amarré, je profite de l’après midi pour ranger…et m’écrouler sur le ponton. Fin de l’aventure et bientôt inscription à la MAP afin de valider au moins une course d’ici la SAS. Physiquement je compte les restes, il y a du boulot avant d’être serein en course.

concurrents engagés : 50 en série et 10 en proto – Bateaux ayant  fini la course : 12 en série et 5 en proto. Que du bonheur pour ceux là et Ostéopathe pour moi.