f.denis

2011

Demi-Clé 2011

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Pour cette régate Alexis Epaud m’a invité à son bord, le ginto 463. Comme c’est agréable, et formateur de naviguer sur un autre bateau.

Cette course de 24 h. a été éprouvante, souriante au début et… à la fin, contrat rempli.

Après les paperasses du vendredi, nous voila tout deux sur cette première course en double. 150 milles en parcours côtier entre Lorient, l’île de Groix, le sud des Glénans et retour jusqu’à Pornichet. Je suis un peu tendu, enfin rien d’anormal. L’ensemble de la flotte glisse jusqu’à la ligne de départ au gré du courant, voire en se faisant remorquer. Le départ est donné, la ligne est très longue, 74 participants. Alexis choisit de prendre la bonne option, le bateau-comité. Et hop, dans un vent faible nous arrivons à la bouée de dégagement parmi les premiers en série. Nous avons le plaisir de voir derrière nous l’ensemble de la flotte, c’est beau tout ces spis à un mille. El Nono, Fabrice sont devant, pas trés loin et nous stimulent. Sur le bord de reaching entre la bouée des Chats et la bouée de ligne nous prenons un ris, 16 nœuds de vent, nous résistons, le 674 nous passe avec aisanceainsi que le 535 (mais c’est qui lui ?!). Les Glénans nous voila, presque, 25 milles ça prend du temps. Derrière, c’est la lutte. Notre chance semble s’arrêter en même temps que le vent.  A terre l’orage gronde, à l’ouest le vent s’efface, ça bataille dure pour emprisonner le 0,2 nœud de vent, spi sur le pont, GV bordé, nous attendons… Certains ont le couteau entre les dents, le notre garde des traces de la dernière rillette (du Mans). La course repart, le vent revient, les pogos se régalent et petit à petit, bien malgré nous, nous devenons spectateurs. Vers 23h nous passons la Jument des Glénans en milieu de flotte. La nuit, notre cauchemar commence, le bateau est ardent au reaching et nous n’arrivons pas à rivaliser, nous ne comptons plus les bateaux qui nous doublent, c’est le temps de se faire une ou deux siestes. A Groix le vent tombe et tourne, spécialité locale. Nous voyons la côte et ses feux, et ses pêcheurs, c’est à croire qu’ils pêchent au « lamparo », avec aussi des lumières rouges ?! Depuis que l’on est sur l’eau notre VHF est en panne et nous ne saurons que une fois arrivés que c’était deux bateaux, le 291 et le 569, qui avaient mordu les cailloux à tel point que l’un y a laissé sa quille et l’autre son bateau, pas glop…

Donc nous voila de nouveau au prés dans 7, voire 5 nœuds afin de contourner cette fameuse bouée « Edouard de Cougy », direction le Pot de Fer sous spi en évitant de se faire aspirer par la Teignouse (Quiberon). Au petit matin, le constat, combien derrière (?), et beaucoup devant. Ambiance plutôt bon enfant, le vent qui était monté presque à 15 nœuds se casse la gueule au fur et à mesure que le soleil monte. Nous survolons le plateau du Four sans passer par la Goué Vas.

Devant c’est l’arrêt buffet, les spis pendent. Une seule solution tenter la brise de terre, nous sommes pressés d’arriver. Un hold up, environ 10 minis! Nous sommes crevés et contents, et nous poussons le bouchon jusqu’à gratter une place supplémentaire à 50m de la ligne. Hop là, c’est fait. Ce Ginto marche vraiment bien, sauf…quand on veut faire pareil que les Pogos au reaching. Prochaine course si tout va bien en 2012. Classement série 33/52

suite plus tard.

La Demi Clé 2010

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Une première, je n’avais jamais mis les pieds à « Locmiquelic » et encore moins le bout d’une étrave. Mignon ce petit port, face à Lorient, et ses abris de sous marins, ça gâche un peu. Le parcours de cette régate est comme son nom l’indique en forme de nœud. Le tour de Groix, ensuite la Jument des Glénans et retour à Pornichet en laissant Belle Ile à tribord, vent faible annoncé. Pour cette épreuve la grande nouveauté est mon statut de co-skipper à bord du 755, un Nacira bien préparé, de Yann Sommer de Gellicourt. J’allais oublier que c’était aussi la première régate du 463, un ginto, appartenant à Alexis Epaud co-skippé par Jean Baptiste couple trés motivé pour cette première. (Merci à Challenge mini (site d’Alexis) qui relaye mon blog).

Donc, nous sommes à l’heure pour le départ, cependant pas rodés du tout pour savoir qui fait quoi. Ah ! c’était le départ, heureusement nous étions du bon côté et nous coupons la ligne avec quelques minutes de retard, qu’importe la route est longue, nous virons la bouée de dégagement dans les 7, correct. Pen Men, puis nous longeons la côte sauvage avec des airs peu stables direction les Chats.

Le vent s’essouffle et nous arrivons avec de l’élan à virer cette marque en serrant les fesses. Trente minutes après un coup d’œil derrière et nous ne pouvons étouffer un large sourire. Nos poursuivants sont scotchés. Devant Le Blevec et sa compagne sur un D2 font un festival dans 5n et ils passent superbement la marque suivante en tête, chapeau. On ne les reverra qu’au ponton à Pornichet 24h après. Le vent tombe, à droite ils n’avancent pas, à gauche non plus, alors ça sera tout droit pour nous. Le Nacira avance sans vent, le D2 de Brendan lui  « avionne », il nous passe avant la Jument des Glénans. (Si un jour il y a une révolution, je suis d’accord pour rebaptiser ces bouées aux noms peu originaux, les chevaux, les chats, la vieille, la plate, la basse jaune etc.). Du prés et encore du prés, le vent monte avec la nuit et nous prenons la route du retour vers Groix.

A raser Pen Men dans la nuit, c’est magique. Les ombres sortent de la côte. A la pointe de l’île c’est tout droit vers Belle Ile, que nous atteignons au petit matin. Nous longeons Houat et prenons la première à gauche la carte en main, cailloux et trajet original, le courant est faible pour l’instant donc de l’Est au maximum. Vers midi nous sommes à terre et sous spi. La distance à l’arrivée est faible, malheureusement le vent s’essoufle encore, il faut tenir nous voyons Brendan pas loin, mais à cette vitesse …

Le plus dur est l’approche de Pornichet les « cartons à chapeau » nous crée une houle mécanique trés agaçante, mais trés, trés. Yann me donne la barre et nous arrivons quand même à la ligne d’arrivée.

Résultat: 1er des Nacira et 7/15 (en catégorie Proto)

2011 année déco, année plaisir

Cette année, « Passion d’avril » est skippé par le Champion Liégeois Jonas Gerkens. Ce nouveau tandem s’entraine à Douarnenez depuis février.

Après des débuts difficiles,Jonas a su prendre le meilleur sur la Transgascogne puisque c’est une place de troisième qu’il s’est offert. Bravo !

Le 518 porte pour 2011, les couleurs « Liège Expo 2017 »

et puis comme c’est aussi un boulot, je continue…

avec quelques modifications bien vues, du producteur et colleur d’adhésif, breton

j’aurai bien voulu que le sponsor de Jörg Riecher valide la déco, mais voila, il n’était pas d’accord pour y mettre les euros

je vous livre tout de même ce que ça aurait pu être

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Pornichet Select 2010


Réputée la plus éprouvante de la saison, 300 milles en solitaire, cette édition n’a pas failli. Contrairement à 2008, et 2009, années où l’on retiendra qu’elle furent ventées,  cette année a été « pétoleuse ». Départ dans moins de 8n., favorable à droite du plan d’eau je pars d’autant plus lentement que j’avais pris l’option d’un solent taillé et dessiné pour plus de 15n., mais qui me permettait de virer sans problème.  Goué Vas du Four est passée en avant dernière position, je profite du changement de cap pour mettre le gennaker et troquer le solent pour le génois, enfin (!).

La marque de parcours suivante, les Birvideaux, est aussi le début de ma remontée au classement, je recolle au milieu de la flotte. Ensuite place à la grande descente vers la marque sud, la Nouch au niveau des Sables d’Olonnes. Cet endroit du parcours est aussi le signe de repos puisqu’il est dégagé d’obstacle, mis à part Belle Ile et l’ile d’Yeu, les pêcheurs, les concurrents et c’est tout. Au petit matin de ce deuxième jour c’est spi, je rencontre de nouveaux copains et la régate reprend, super il fait encore beau. Le vent faiblit à Yeu, je vois le paquet de tête, El Nono cause beaucoup à la VHF et…un spi me ratrappe avec aisance et je demande à ce 488 de passer sous le vent par courtoisie, malheureusement le français n’est pas sa langue natale et le fair play ne se traduit pas en espagnol. J’entame donc un petit lofé sous spi afin de lui dire de passer ailleurs, dommage. Il passe. Arrivé à la Nouch je revois Guo et le passe avant la bouée. Guo est le prénom du seul concurrent chinois du circuit, qui véhicule sa légende personnelle, bavard comme une huitre, au demeurant très sympathique, il peut se targuer d’être tour du mondiste de la dernière Volvo Race à bord de « GreenDragon ». La remontée sur Yeu dans l’aprés midi, vent de 15n, joli, je revois les copains, et puis la nuit. Je prends le chemin que j’ai l’habitude de prendre le long de Yeu et ça marche. Je recolle un groupe de minis, dont Yann sur le 755, il a du mal à régler son bateau, je l’entends pester de plus en plus au fur et à mesure que le vent disparaît. Troisième jour, plus un souffle, je me fais passer par un filet, que j’évite avec beaucoup de chance. Nous sommes éparpillé sur une grande toile cirée où se reflète le ciel, un cargo arrive, des silhouettes de minis semblent glisser le long de cette masse motorisée.

Toujours le calme, le courant et les airs évanescents enfin nous déportent dans la bonne direction. Le vent moyen reste aux alentours des 1-2 n. La VHF s’anime, les langues se délient et la tête de la course se délite. Les « ras le bol » votent et s’auto-proclament « abandon ». Les autres, dont moi, dorment, mangent, aèrent « la bête ». Le vent se pose dans l’après midi, certains se sont égarés au large et auront quelques difficultés à revenir dans la course…

Le 512 barré par Cyril est sous le vent à raser Houat et Hoedic, il fait beau, pas de vague, pas de houle, un temps idéal pour me familiariser avec ce coin que j’ai toujours évité pour ces petits cailloux. Donc je le suis, nous sommes trois à nous laisser guider par Cyril. Merveilleux, génial, ce coin est magique, nous atteignons le chenal de la Teignouse et là, l’ascenseur, nous sommes au prés et avançons en crabe poussés par le fort courant de marée descendante. La fin de journée et le début de nuit sont consacrés à la progression vers Groix au près toujours. Groix, Pen Men le bout de l’île, c’est aussi le signe du retour et du dicton : « qui voit Pen Men, voit sa peine ». Le vent refuse à un mille de cette pointe. L’année derniére le vent avait fait la même au passage d’un front avec 40n., là c’est 15n et je remercie la météo d’avoir eu la main  plus légère cette fois. Bref, le petit groupe fait le tour de la pointe en suivant le vent et virement afin de longer Groix babord. La remontée de l’ile est assez étrange, nous sommes quatre à régater, puis c’est la libération des écoutes pour passer entre Belle Ile et Houat. Je m’assoupis dehors, pilote enclenché, sans alarme, et me réveille à l’approche de la Teignouse, oups. Le courant m’aspire et je trace une belle courbe me faisant passer par 3 bateaux.

Petit matin du quatrième jour, de Hoedic à Goué Vas du Four le vent faiblit 10n. le clapot est court, cassant la vitesse du bateau. Je suis au contact d’un ginto (belge), que j’avais vu la veille, et le gratte irrémédiablement sauf quand je barre, barre attachée ça marche beaucoup mieux.

La côte du Croisic n’est pas loin, pas loin si le vent tient. Des minis sont scotchés à la côte. Amaury revient de nulle part, et me passe lentement et sûrement, on échange à la VHF, nous allons chercher le vent puis les courants bien délimités dans ce coin nous permettant de passer plusieurs concurrents malchanceux. 7, je suis 7, génial. La chance était avec moi, un peu comme à la dernière course avec le 755 de Yann Sommer.

Résultat : 7/39 en série

MINI PAVOIS 2010

 

Mini Pavois 2010

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Expérience, épreuve, voila ce que je peux dire de la Mini Pavois 2010 (800 milles en solitaire).

Cette traversée du Golfe de Gascogne, était en soi le premier but, la faire. Elle était bien avant le départ un défi à mes angoisses, à mes limites. Toutes les conditions de sécurité réunies, une balise, un litre de rouge, 30litres d’eau rochelaise, l’avitaillement pour 15 jours (restons autonomes) la trousse à outils, etc.

Départ ! Mais non avant il y a les contrôles de « sécu »!

Suivant les courses les accents sont mis sur tel ou tel aspect ? Cette fois l’accent était sur l’eau, pas plus, pas moins. 20l. en jerrican et 10l. en bouteille, plus le bidon de 10l. de sécu plombé. L’affaire n’est pas aisé, surtout sur mon bateau qui n’était pas rangé. C’est OK. Deux jours plus tard, 30mn avant le départ re-contrôle, ah! il y a une bouteille en trop, et hop poubelle. Et là, c’est quoi ? Une bouteille de rouge (bio s’il vous plait), un sourire, ce n’était pas de l’eau !?

Mais j’oubliais, comme quoi, il y a toujours une surprise dans ces régates où l’on joue sa carrière: les feux de nav’. Un, oubli qui nous donne droit à un « Avertissement » pour avoir pris la préposé à la vérification pour ce qu’elle n’est pas.

Revenons au départ, 20-25n. , je suis au clair, pour ne pas me perdre j’ai mis des WP tous les 10 milles. Le seul point important est de savoir si je mets le gennak’ ou le petit spi.

Décision vite prise, le spi! Ce sont des bateaux de portant alors on va s’amuser. Aprés la bouée de dégagement c’est l’envoi du spi…et de son sac, ouah comme c’est beau cette nouvelle figure. Immédiatement je <pense au sac, ce sac payé si cher ça serait trop bête. Affalage du sac, qui chalute, entrainant le spi. Balot !

Je ne suis toujours pas dernier, miracle. Re-spi et là…là c’est fort, la vague courte, 2 ris dans la GV et nous voilà tranquillement au planning puis enfournement puis au tapis et hop on recommence. Une fois en mer, le large quoi, tout devient plus aisé. Je suis trempé jusqu’à la moelle mais ne veux, ni ne peux lacher la barre, excitant, étonnant. Le vent refuse un peu, trop, et finalement au bout de quelques temps, je rentre le « torchon ». Tout s’apaise ma vitesse est entre 9 et 11n. tout va bien je me deshabille entièrement pour enfiler ma tenue de nuit et des chaussons néopréne qui m’éclairent le moral.

Aprés, le reste de la course est paisible, je bouquine pour évacuer le stress des grosses vagues la nuit ,et puis dodo, et  apport de calories pour des séquences de 30mn. jusqu’au lever du jour où je renvoie de la toile. Le vent faiblit personne autour, le soleil apparait ainsi qu’une voile trés loin à l’horizon plus au nord. Le 488 ! Encore lui ! (Nacho de son prénom m’avait passé sous spi et au vent, sacrilège à la bienséance, pendant la Select).

Donc, le voyant fondre sur moi, je lui fais signe de passer. Et bien non, il met un temps incroyable, et puis zut ! Je reborde le spi et voila que je le double. Pendant 30 milles je l’ai tenu et puis j’ai laché à 5 milles de l’arrivée. Je n’en pouvais plus et Gijon était là. A peine croyable, Le Havre n’a qu’à bien se tenir. Virer une cardinale et droit sur la ligne…bien sûr. La chose, un point lumineux au pied d’un mur, j’avance au ralenti la carte sur les genoux, et puis, oui, il y a bien un passage de 100m à peine. Un bruit sourd, des lumières orangées, des cocons accrochés à la colline, deux cheminées qui crachent et une odeur de produit chimique, au loin une ville, c’est ça Gijon de nuit.

Je coupe la ligne 20mn après le 488, un zodiac me prend en charge, il ne parle que l’espagnol et qu’est ce qu’ils sont sympas. Amaré, je reçois le cidre local, Isabelle prend une photo et le tour est joué, j’y suis arrivé. A propos de Gijon côté ville, c’est St Adresse en mieux, une ville quoi, propre surtout, on pourrait se croire à Paris, la crasse en moins. Pas de sourire, pas de bonjour, chacun dans son « quant à soi ».

Retour :

Il était temps de dégager les pontons visiteurs de la marina, nous accueillons les premiers de la Barquera et de la GascoPogo. Une arrivée succède à l’autre, quelle usine. Aprés le brief course, météo et parcours, nous prenons la route du retour dans de jolis airs direction la PA de La Rochelle. Route directe sachant que bientôt le vent refusera. Je passe 2h à trouver la panne du pilote, dés que je peux je fais le tour des branchements et allume quelques cierges. Rien, je sens le vérin bouger façon escargot, rien ne lui redonne vie. Pour me reposer je coince la barre et équilibre les voiles, je suis déjà en mode convoyage. Tout va bien jusqu’au coucher du soleil et le lever des grains qui noircissent le ciel. Je n’aime pas la pluie, donc j’en profite pour me reposer, les copains sont là c’est cool. Réveil, tour d’horizon, partis, je vois des lucioles derrière et c’est tout. La VHF me fait comprendre que le paquet de tête s’est tiré la bourre profitant des grains, spi, gennaker, spi. Ils se sont donnés à fond les jeunes. Macaire, Amaury, JMOgier, Jonas, la Grenouille, bref une bonne dizaine, en mode course, normal. Deuxième jour, soleil, vent faible 10n., mon temps, sous le vent le 488, devant « La grenouille » au vent un P2, tout est calme, le vent monte, nous sommes au prés et nous le resterons durant 3 jours : bonne nouvelle. Le vent revient dans l’après midi, un ris dans la GV et un dans le génois. L’air commence à fraîchir, le soleil se couche, le vent monte la température descend 5°. Dans la nuit il fait si froid que ma tendance naturelle me scotche à l’intérieur. Le courant de l’estuaire de la Gironde nous fait une mer désordonnée, par 3 fois le bateau vire tout seul et à chaque fois ce seront des sorties de duvet très « limite ». Le spectacle dehors est incroyable le froid dans cette nuit donne un incroyable spectacle sur l’eau et dans le ciel. On pourrait se croire en décembre, les vagues neigeuse à leur sommet et les rennes transformés en dauphins irradiés. Le jour se fait, devant, derrière, sur les côtés, personne. Encore dans les choux ? La VHF se réveille, les premiers passent la bouée « PA », je suis rassuré. Je ne suis pas si loin. Et puis arrivent les abandons, la proximité de La Rochelle aide beaucoup. J’arrive à cette bouée le ventre creux, en manque notable de sommeil, toujours sans pilote et pourtant j’explose, de joie, peut être d’épuisement, je parle, je crie et l’inévitable et insupportable : Yeees ! L’équivalent d’un rot au ketchup.

La vie de régatier continue et le 488 que j’avais laché dans la nuit revient petit à petit, le soleil s’efface et les premiers protos croisent ma route parfois très prés. Ils s’en contrefichent sous spi dans 10n, ils dorment !  Dormir ? Je fais route vers Belle Ile, demain matin je serai aux Birvideaux. Les Birvideaux encore, les airs, comme prévu tombent encore et je sais que les prochaines 24 heures vont se jouer au portant et le portant sans pilote c’est pas bon, le terme exact serait plutôt sans dormir. Et bien oui, le fil s’est arrêté il y a un an ou presque et je remercie « el nino » pour sa remarque désobligeante.

Donc, profiter de ce long bord de prés entre Yeu et Belle Ile pour se reposer, penser à autre chose. Le jour se lève quand nous enroulons par sept ou huit nœuds de vent, les Birvideaux. Le 488 n’est pas loin et me double dans des airs déclinants, trés, trés…plus rien le fond de l’air est frais dans ce flux d’Est, les pelures de la nuit sèchent, dehors dans mon duvet c’est trés cool. Les voiles ne battent même pas pendant une petite heure. Calme, doux. Bon, il suffit. Le vent revient, le spi sort de son sac. Les prédictions étaient bonnes, je profite du peu de vent pour aménager le cockpit en salon, cuisine et toilettes pour ce grand bord où je ne lacherai la barre, non,non, je ne lacherai rien du tout. Vers 20h nous, Nacho (488), passons Yeu, il m’agace un peu. Il me cherche à droite, à gauche, bref toujours au contact à 1/2 mille, c’est usant. Oh, il a empanné, il fait route vers la terre, au dessus de la route. Enfin, bye bye, je continue tout droit. Alors là j’ai un blanc, combien de temps ? sur babord des feux à terre, tribord tout est clair. Je suis KO, seul mon GPS sait, où suis je ? Qu’importe, la fin est proche, je veux dire le lit, demain. Ce petit somme m’a donné un regain de vitalité, d’espoir. Le Waypoint, l’avant dernier est là, pas loin, loin, loin, de plus en plus loin à mesure que le vent s’efface. Je vois cette p…de bouée à feu rouge, en fait je n’en suis pas sûr. Rouge égal stop, la surface de l’eau est comme un miroir où se reflète le ciel étoilé, rien pas un bruit, dès que je lache la barre pour faire quoique ce soit, la bouée se cache, je fais des zigzags incontrolés, je perd la boule. Mais où est elle, j’y suis presque, plus rien. Le néant, silence, où sont les mouettes, les pêcheurs, les nuages, le monde, je suis au bout, à bout, je gueule, engueule tous les absents. Je dors. Soleil ! Une risée, j’enroule la voile d’avant, je mets la première et refais la route de cette nuit dans le bon sens, vers sept heures je passe la dite bouée, PA, des supporters sont là agglutinés, chouette! des humains, sans doute des photographes. En passant la chose, les supporters se sont

Résultat : 12/25 en série

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